[Extrait] Le temps du labyrinthe de Pauline Libersart



Hello tout le monde, voici un petit extrait pour vous donner envie avant de retrouver ma chronique demain ! Une rencontre entre notre héroïne, Corentin et un démon...
Bonne lecture !


Ici, aucune cheminée, il règne un froid glacial et, surtout, les courants d’air transpercent les vêtements. Pourtant, je m’arrête et je reste plantée au milieu du hall, effarée par la dimension, la « médiévalité » brutale et inquiétante.
— C’est bizarre, il y a une statue de gargouille, là-bas.
Corentin sursaute, tourne la tête pour voir l’endroit que je lui désigne du doigt, sur le palier du premier étage. Il devient blême.
— Viens, vite ! Il faut partir d’ici. Tout de suite ! me hurle-t-il perdant son calme devant la lenteur de ma réaction.
Il se précipite vers la première porte devant lui, l’ouvre à la volée et s’engouffre dans la pièce sans même prendre le temps vérifier ce qu’elle contient. Il claque le battant derrière nous et s’y adosse. L’espèce de cellier où nous avons atterri est désert.
— Qu’est-ce qui t’a pris de paniquer comme ça ?
— Ce n’est pas une statue. C’est un démon !
Je soupire exaspérée par ce nouvel accès de délire.
— Tu peux arrêter avec les histoires de trolls et de farfadets…
— Des lutins, me corrige-t-il avec sérieux.
— Si tu veux. Maintenant, tu prétends qu’il y a des démons ici ?
— Il y en a au moins un, ça c’est sûr. Je le vois assez souvent, même si je fais tout ce que je peux pour l’éviter. Et je sais que Nathaniel l’a déjà affronté.
— Il l’a battu ?
Corentin me regarde étrangement, renifle avec une indubitable pointe de mépris face à mon accès de curiosité en mode groupie.
— Il a essayé de le capturer. Avec l’aide de Ferdinand, Kevin et une demi-douzaine de chasseurs. Il lui a tendu un piège. Le démon leur a flanqué une rouste magistrale. Ce n’était pas joli à voir. Il leur a fallu un bon moment pour s’en remettre, même si on cicatrise vite dans le Labyrinthe.
Si d’un côté, je suis heureuse d’apprendre que le beau Nathaniel a le courage de s’attaquer à une telle créature – dont j’ai quand même du mal à accepter l’existence –, de l’autre, j’ai bien l’impression que Corentin cache avec difficulté une certaine jubilation au souvenir de la correction que les membres de notre famille ont reçu.
Bizarre…
Sans me laisser le temps de lui poser de nouvelles questions, il rouvre la porte et, cette fois, passe la tête avec précaution dans l’entrebâillement. Ne voyant rien d’inquiétant, il me fait signe de le suivre dans un couloir aussi sombre que tous ceux que nous avons déjà arpentés.

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